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 REQUIEM ᴥ (R&C)

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Cami Hwang
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Insanity
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⊰ Date d'arrivée à Toronto : 07/07/2015
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MessageSujet: REQUIEM ᴥ (R&C)   Lun 20 Juil - 20:19
REQUIEM



© reckless

« Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat.¹ »


Tic, tac, tic, tac.
Le pendule se balance, l'aiguille tourne ; le temps file entre nos doigts, se défile quand on le retient. Le temps tisse de sombres toiles qui s'entremêlent, que les Parques raccourcissent.
Un coup de ciseaux. T'es mort. On range la pelote, on la met sous terre et on joue un petit requiem en ton honneur, tandis que le canevas des autres s'embellit toujours – c'est injuste. Peut être. Mais on n'y peut rien, nous, à part quand ce sont nos ciseaux qui coupent le fil – et là, c'est un autre problème. Mais les fils s'emmêlent toujours... Et quand ils font des nœuds, c'est normal de les couper. Tic, tac, tic, tac.
C'est la litanie d'un rêve chronophage dans une nuit funeste, trop morne et trop triste pour montrer le chemin aux âmes perdues. Cami et ses ciseaux traversent leur paysage onirique en sifflotant, voguent sur une mer rouge et mettent les voiles pour fuir une horloge géante qui menace de les dévorer. Cami n'a pas peur. Ses ciseaux sont là. Elle a coupé bien des fils dans les bras de Morphée ; mais arrêter les rouages d'un mesureur de temps, c'est nouveau, c'est flippant, c'est impossible quand la bouche est face à vous et rit en claquant des dents. Ses incisives sont comme ses ciseaux : elles veulent raccourcir son temps. Alors, il est temps d'en finir. Mais comment ?

Râle. Yeux écarquillés, cheveux emmêlés. Encore groggy de sommeil, Cami laisse errer son regard dans son taudis ; les tas de fringues sur la chaise, les poubelles vomissant des emballages de poupées brisées, les volets entrouverts, sales, déversant la lumière diffuse et bleuâtre d'un clair de lune lointain. La demeure du Pays Imaginaire lui manque soudainement. Ses ciseaux, aussi. Pourquoi cet endroit est si lugubre, alors que c'est là où les arbres se dressent dans l'eau² ? Il devrait être beau, magnifié par des années d'absence et d'enfermement. Ses yeux sombres se posent alors sur les chiffres fluorescents de son réveil. Il est temps d'en finir. Mais comment ?
« L'embellisseur de peau, dit-elle d'une voix lente, avant de rejeter ses couvertures avec hâte, d'enfiler un jean et d'attraper une paire de ciseaux. »
Ce ne sont pas les ciseaux magiques de ses rêves, mais ils coupent, ils plantent et décorent sa poche de leur éclat d'argent. Cami sautille dans les rues, s'accroche aux réverbères et épie les fenêtres encore éclairées dans le soir. Son errance la mène devant la façade d'un salon de tatouage – SON salon de tatouage. Celui-là même où elle a orné son dos. La jeune fille ouvre la porte, passe la tête pour voir la clientèle et, son constat fait, s'y faufile sur la pointe de ses chaussons-lapins. Elle les lorgne brièvement, se demandant où sont passées ses baskets. Cami plus précipitation égal oubli. Peu importe : cela ne jurera pas avec son caleçon-canards – restons dans le domaine animalier, voyons.
«  OUHOUH ! MEUNIER ! TU DORS ? hèle-t-elle en faisant un porte-voix avec ses mains »
Une moue déçue s'érige sur ses lèvres. Elle patiente dans la salle d'attente, elle tourne en rond comme un rat en cage. Tic, tac, tic, tac. Les secondes semblent des heures. Cami se casse les ongles sur les dents, saigne des doigts à force de les ronger.
«  JE CHERCHE UN REMÈDE CONTRE LES DÉMONS DU TEMPS ! insiste-t-elle en tapant du pied. ON ESSAIE DE COUPER MON FIL ! Et je préfère couper celui des autres, ajoute-t-elle plus bas en effleurant les ciseaux dépassant de sa poche. »
Mais pas celui de Ryuryuk. Elle l'apprécie, Lui ; il est son sauveur, l'origine du sceau qui garantit sa santé mentale, et il va aussi la sauver du Temps. Il le faut. Il faut débusquer le renard, murmure une petite voix dans sa tête. Alors, Cami glousse et s'apprête à entrer dans l'antre du démon...

Spoiler:
 


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Ryûk Kang
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MessageSujet: Re: REQUIEM ᴥ (R&C)   Lun 20 Juil - 22:08


CAMI & RYÛK
aux alentours de vingt-trois heure trente

Ses paupières s'étaient closes depuis quelques heures déjà. Pas beaucoup, deux tout au plus. A vrai dire, j'avais du me taire pour qu'il daigne s'effondrer de sommeil. Les insomnies ne cessaient de lui bousiller son rythme de sommeil et cela l'affectait plus qu'il ne voulait bien se l'admettre à lui-même. Mais Ryûk ne pouvait pas me mentir à moi. Je sentais tout, absolument tout. Sans jamais pouvoir réellement aider. Je ne pouvais le guérir de ses blessures, je ne pouvais régler les problèmes qu'il avait avec lui-même. Des problèmes qui m'affectaient moi aussi car mon seul lieu de résidence se trouvait là où ses conflits étaient les plus meurtriers. Dans sa tête. Ses idées, ses valeurs, ses envies, ses pulsions, ses rêves, ses craintes. Tout était là, au creux de mes mains. Et parfois je n'avais pas d'autres choix que de les regarder batailler, s'écraser, se rire au nez avant de s'effondrer à nouveau que la masse informe qu'ils ont toujours été. Compliqué le garçon. Trop compliqué pour lui, pas assez simple et stupide pour la masse vivant sur cette terre, dans ces rues, autour de lui. Il n'était pas qu'un mouton noir parmi les brebis blanches. Il était l’albatros parmi les mouettes. Un géant qui ne sait pas se poser, un être avec tellement de potentiel qu'il ne savait plus qu'en faire. Lorsqu'un albatros tente de se poser à terre, il s'écrase, il roule, il s'effondre, il se heurte au sol car il ne sait tout simplement pas comment atterrir en douceur. Peut-être devrait-il rester en l'air, dans les cieux, plutôt que d'essayer de redescendre, de voler avec les mouettes, de se leurrer en se disant qu'il en était un. Le cygne ne devient jamais canards comme les canards ne verront jamais le cygne comme l'un des leurs. J'aurais pu m'en attrister, mais je ne connaissais que le désespoir en matière de larme et d'agonie. Et la condition de Ryûk n'était en rien désespérante. Elle était la lueur que j'avais longtemps cherché. Un homme pouvant m'accepter en lui, au sein de son esprit sans chercher à m'en déloger. J'avais tant combattu contre mes hôtes...j'avais perdu tant de temps à leur faire comprendre que j'étais le seul maître en leur corps. Je restais autant que je voulais et lorsque je les laissais, c'était parce que je le voulais. Et pas pour eux, pas pour les libérer, pas pour leur misérable vie humaine. Non. Parce que j'avais trouvé mieux ailleurs. Et le mieux, la crème de la crème, là, c'était Ryûk. Lui et son expérience, lui et ses valeurs, lui et son éducation, lui et ses tourments, ses dilemmes, ses combats personnels. Un jour il allait s'emporter au fond, tout au fond d'un gouffre qu'il creusera lui-même. Il le savait, je savais qu'il savait. Je le sentais, il n'en faisait pas une fatalité. Il acceptait sa condition, le fait que son cerveau allait trop vite, trop loin. Qu'un jour peut-être son corps suivrait et irait trop loin, trop vite, trop fort. Et comme il le savait, je le laissais avec ça. Je ne me sentais pas l'envie de le tourmenter d'avantage avec ses propres démons. J'avais déjà assez à faire à en être un moi-même. Un démon qu'il n'avait pas choisi, qui n'avait rien à voir avec lui. Juste, moi. Auguste.

Je ne rêvais pas. Je n'ai jamais beaucoup rêvé. Les cauchemars ont toujours été plus présents. Ils étaient persistent, de ceux que l'on traîne derrière soit des années et des années avant de les voir s'envoler. Pendant quelques nuits on les regrette parce qu'à leur suite ils ne laissent que des songes plus horribles encore. L'horreur surpassant l'horreur, la terreur prenant place, ne faisant rien d'autre que de me paralyser dans mes draps. Les terreurs nocturnes. J'en avais déjà tellement fait et pourtant je ne pouvais me résoudre à les expliquer. Parce qu'aucun mot n'était assez fort pour décrire la panique, les sueurs et l'incapacité à bouger. C'est comme se regarder mourir et ne rien pouvoir faire, affronter sa plus grande peur sans pouvoir fermer les yeux car l'image reste à jamais collée à la rétine des paupières closes. Mais depuis Auguste, elles étaient moins présentes, je n'en avais presque plus et au fond de moi, je me disais que c'était peut-être grâce à lui. Je veille sur toi, je te l'ai dis, non ? et ces paroles, ces paroles qui ne faisaient aucun sens. Pourquoi veiller sur moi ? Auguste était un démon, il aurait dû vouloir me détruire, ne laisser derrière lui qu'une masse informe et sans vie, sans but, sans raison. Je t'anéanti rien qu'en étant présent Ryûk, c'est assez. Tu te détruis tout seul, je n'ai pas grand chose à faire pour tout t'avouer. Et lorsque ce sera le cas, lorsque je n'aurais plus rien, lorsque je ne serais plus rien...restera-t-il ? Non. Ce jour-là je partirais, je te laisserais. Parce que c'est comme ça que je marche. Rester tant que je suis utile, rester tant que je suis encore entier. Mais avec lui dans ma tête j'avais peur de ne plus jamais pouvoir être entier à nouveau. L'as-tu seulement été un jour ? Peut-être pas...

«  OUHOUH ! MEUNIER ! TU DORS ? hèle-t-elle en faisant un porte-voix avec ses mains »  Un sursaut parcouru l’entièreté de mon corps alors que mes yeux s'ouvrirent sans attendre. Cami. Sa voix, si singulière. Son ton, si particulier. Sa présence, si elle...T'as pas fermé la porte abruti. Mais c'était Cami. Oui, mais t'as pas fermé la porte avant de monter dans l'appart. Ça craint, imagine que ça aurait été un cambrioleur. PIRE ! Un meurtrier. Auguste m'aurait réveillé si une personne non-voulu se serait infiltré dans le salon. Tu parles, je l'aurais regarder te tuer comme un vieux porc et j'aurais rigolé à m'en péter les cervicales oui ! Soit...Cami était en bas, dans le salon. Est-ce que je dormais ? Quelle question. Bien entendu. A minuit, c'est ce que les gens font normalement. Mais étions-nous réellement normaux, elle et moi ? Hell no. Nous n'étions en rien normaux. Elle était malade et j'étais possédé par un démon. En quoi les règles de vies de la population de Toronto devraient-elles s'appliquer à nous ? Un soupir endormi m'échappa alors que je regardais l'heure. Oui, j'avais bien deviné. Il allait bientôt être minuit, nous allions bientôt clore le jour présent pour passer au jour qui à l'instant n'était qu'un futur flou mais si accueillant que je rêvais presque de le voir arriver. Histoire de clôturer cette journée pleine d'emmerdes. Entre les clients malpolis, les petites vieilles qui dévisagent dans la rue et les cons qui pouffent en voyant les yeux bridés...Tous des cons, tu le sais. Ouai...
Je m'asseyais au bord de mon lit, passant une main sur mon visage pour en effacer la fatigue, en vain. Je me levais, enfilais un short en jean noir et un haut à manches échancrées blanc. Je fis craquer mes doigts de pied en bougeant ces derniers dans certains sens, m'appuyant par endroit sur les articulations pour les libérer de leur fatigue. Je dois dire que le bruit de tes os qui craquent c'est kiffant. Ce qui est encore plus amusant, c'est que ça te soulage. Ironique, n'est-ce pas ? Je ne pris pas attention aux propos d'Auguste. Tout ce que je savais dans mon état actuel c'était que Cami était en bas, qu'elle avait surement une raison d'y être, et que je voulais la voir.

«  JE CHERCHE UN REMÈDE CONTRE LES DÉMONS DU TEMPS ! ON ESSAIE DE COUPER MON FIL !  » Sa voix grimpa le long des marches et vint à nouveau s'éclater contre mes tympans. Elle est tarée cette nana....J'aime bien ! un sourire amusé glissa le long de mes lèvres gourmandes. Oui, Cami était folle. Mais pas dangereuse. Son esprit formulait des idées et des réalités qui n'étaient en rien matérielles et d'une certaine manière j'aimais ça, je me retrouvais dans ses tourments incohérents. Elle me rassurait. C'était improbable, c'était insensé, mais c'était comme ça. Je descendis les marches qui menaient au salon. Ma main passe sur l'interrupteur et une ampoule s'allume. Pas plus, j'étais encore trop proche du sommeil pour pouvoir supporter plus de lumière. «  On dirait que le maître des potions est arrivé. » dis-je doucement, comme pour la rassurer. Oui, je trouverais un remède à ses démons. Peut-être pas tout seul. Surement pas tout seul. Mais j'y arriverais. Et si j'échouais, qu'elle m'embourbe dans sa folie, qu'elle m'y noie pour avoir échoué. «  Qui veut te faire du mal ? Qui veut te couper ton fil ?» demandais-je doucement en m'approchant d'elle. Les tatouages courant le long de mes phalanges, de mes triceps, mes biceps et mes épaules contrastaient sur ma peau dorée alors que je m'arrêtais, là, à quelques pas d'elle et de son corps si fragile. «   Personne ne le coupera Cami. Personne...» murmurais-je d'un ton chaud et rassurant. Parce qu'elle était en sécurité avec moi, parce que j'étais près à battre les démons dans sa tête. Le mien se chargeait de me tenir debout pour peu que je puisse l'aider elle. Je comprend pas pourquoi tu t'attaches à elle, pourquoi elle t'importe autant. Moi non plus, je ne savais pas. Je ne voulais simplement pas qu'elle disparaisse. «  Tu t'es fais mal.» dis-je sur le même temps en prenant délicatement ses doigts contre mes paumes. Le bout de ses phalanges avaient tourné au rouge carmin. L'anxiété, l'attente. Était-ce de ma faute ?  


Where is your god ?
no matter how many time that I'll die I will never forgive ✻ “Break the skin 'cause I can't tell where your body ends and mine begins. Tear the flesh, I woke today feeling like some kind of masochist. I must confess. Pull, beg, and plead that I need your kiss like the ocean needs a breeze”
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Cami Hwang
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MessageSujet: Re: REQUIEM ᴥ (R&C)   Lun 20 Juil - 23:20
REQUIEM



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Lumière.
Illumination.
Les paupières de Cami se ferment, s'ouvrent, frémissent pour faire face à cet assaut. Toujours recluse dans l'ombre, toujours à fuir les projecteurs. Ryûk n'en a ouverte qu'un, et cela lui convient ; trop de luminosité lui rappelle les néons crus de l'asile et le goût âcre des pilules. Les rires déments des autres fous, la voix douce et posée du Docteur Gilman. Ses mains se crispent brièvement sur ses oreilles, avant qu'elle ne se rende compte que tout est dans sa tête, dans sa petite caboche à la fois vide et saturée d'odeurs, de textures, de sons, de goûts, d'images. Elle scrute Ryûk de ses yeux humides tandis qu'il s'avance vers elle,
« On dirait que le maître des potions est arrivé, dit-il avec calme – un calme digne de Gilman. »
Cami fronce les sourcils, baisse légèrement la tête sur le côté avec un air interrogatif. Non, ce n'est pas Gilman. Elle soupire.
« Potions ? répète-t-elle dans un murmure presque inaudible. POTIONS. Pourquoi potions ? Non, non, tu embellies les peaux, tu... Tu fais des potions ? Quelles potions ? Elles font fondre les horloges ?
Qui veut te faire du mal ? Qui veut te couper ton fil ?
Qui ? Il demande qui ? QUI ? HAHAHAHAHAHAHAHAHA. »
Elle part d'un rire presque dément, n'en entend presque pas les tentatives du jeune homme pour la rassurer, jusqu'à ce qu'il remarque les perles purpurines qui ornent ses doigts. Que le contact avec ses mains tatouées la fasse sursauter. Déconnexion immédiate avec son monde d'hystérie et de blagues.
« Tu t'es fais mal.
C'est l'horloge géante, marmonne-t-elle en scrutant la porte du salon. J'entends encore son tic tac. TIC TAC TIC TAC TIC TAC. Elle me poursuit, elle m'a suivie. Je suis sûre qu'elle est derrière : mais elle est trop grosse pour rentrer ici. Alors, elle m'attend dehors... »
Ses mains se dérobent à celles du jeune homme, se plaquent brusquement sur ses yeux.
« Je suis une Gorgone, je peux la tuer avec mes yeux, mais il faut que tu t'écartes sinon tu vas mourir aussi. »
À tâtons, elle trouve la poignée du salon, l'entrouvre et jette un coup d’œil à la rue déserte. Les secondes suivantes sont une incompréhensible série de bafouillements censés imiter le bruit d'une explosion. Cami fait soudainement face à Ryûk, le visage bouffé de détermination.
« Je l'ai seulement blessée : elle va revenir. Il me faut un gri-gris d'embellisseur de peau pour qu'elle ne revienne plus jamais m'embêter, maître des potions ! »
Ses doigts meurtris se referment sur son T-shirt lâche et le soulèvent pour exhiber le caducée que lui avait fait Ryûk. Cami sourit à pleines dents, malicieuse comme jamais.
« Il faut mettre un nouveau sceau de protection ici ! »
Les yeux d'onyx de la jeune fille s'égarent sur les cernes et les iris mornes de Ryûk. Elle entrouvre la bouche de stupeur, laisse échapper un râle d'incompréhension, puis, les mains tremblantes, frôle la joue du jeune homme.
« Quel sombre mal a posé ses ténèbres sur ton visage ? interroge-t-elle d'une voix peinée. T'as trop mauvaise mine. T'es plus blanc que des... latrines. C'est pour la rime, désolée. »
Un rictus navré se fiche au coin de ses lèvres. Les tics tacs de l'horloge ont quitté ses tympans, qui ne filtrent désormais plus que le silence lourd du salon de tatouage. Obsédée par sa course-poursuite imaginaire, Cami en a oublié les bonnes manières – si elle en a jamais eu. Elle plisse les yeux, crispe les mâchoires.
« C'est l'horloge ou quelque chose de plus entêtant que ses tics tacs qui te prend la tête et ne la lâche plus ? »



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Ryûk Kang
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MessageSujet: Re: REQUIEM ᴥ (R&C)   Mar 21 Juil - 23:16


CAMI & RYÛK
aux alentours de vingt-trois heure trente

Trop de gens avaient un jour importaient à mon coeur. Trop étaient partis, trop m'avaient laissés et j'en avais rayé plus d'un de ma vie sans jamais me retourner. Parce qu'après avoir été trop déçue cela semblait normal de décevoir à mon tour. Un cycle vicieux. Ne pas s'attacher jusqu'à ce que ce soit évident que je ne le sois que trop ardemment. Je ne faisais jamais dans la demi-mesure, j'aimais à la folie ou à la haine. Je caressais ou je tuais. Sourire ou indifférence. Encouragement ou rabaissement. Je n'ai jamais été doué pour ça, pour dire aux gens que je tiens à eux, pour leur faire comprendre qu'ils sont importants, que sans ceux j'ai l'impression de m'effacer. De perdre de ma substance, de ma raison de vivre, de ma motivation. J'entretenais une relation si particulière avec le monde. J'en faisais partie tout autant que j'étais cette tige de roseau qui regarde au loin les fleurs des champs. De si jolies couleurs, des pétales harmonieuses. Et moi ? Une pauvre tige, las, seule, pliant sous le vent car impossible pour moi de me briser. Je ne pouvais être qu'arracher et personne encore n'avait posé ses mains autour de moi, de mon être, de mon âme. Personne n'avait osé. Personne n'en avait eu envie. Et pourtant, ô combien j'avais été de ceux qui tiennent aux autres, qui s'insurgent au moindre mal causé, à la moindre peine aperçu dans le regard de l'être aimé. Peu rentrés, aucun ne ressortaient. Et c'était douloureux, tout ce poids en moi. Ce poids des gens qui restent, qui laissent leur marque et ne s'en vont pas pour autant. Des marques qui saignent pour devenir cicatrices indélébiles. Comme des tatouages au cœur et à l'âme, aux souvenirs. Je me rappelais de tout, de chaque sentiment, de chaque rire, chaque confession. J'étais incapable d'oublier quelqu'un. Mes parents. Luce. Drake. Diana. Jake...un voisin par-ci, un camarade d'école par-là. Un Nocturne dont j'ignorais le prénom. Un démon qui a trépassé sous le poids de ma hache. Ils restaient tous dans ma tête, et ça pesait, et ça m'étouffait. Il y avait des nuits où il n'y avait qu'eux et moi. Pas un bruit. Juste les sentiments, les regrets, la nostalgie. Et les larmes. Des larmes silencieuses d'un corps qui se souvient. Tu t'attaches trop, trop vite. Regardes cette jeune fille. Tu ne la connais même pas réellement...elle ne sait rien de toi, tu ne sais rien d'elle. Et pourtant...pourtant tu la regardes comme on admire un joyaux. Pourquoi ? Parce que Cami était spéciale, si unique. Parce qu'elle était debout face à moi et qu'en elle il n'y avait que de l’honnête. Sa vérité, certes, mais elle ne mentait pas lorsqu'elle me criait qu'on voulait couper son fil, sa vie, son existence. Sa peur, elle ne la feignait pas. Elle vivait tout ça, et j'avais besoin de quelqu'un comme elle dans ma vie. Quelqu'un d'honnête. Quelqu'un d'aussi foutu que toi.
Les insomnies étaient toujours plus pénibles, les lendemain se suivaient et je me sentais comme hors du temps. Car rien ne semblait réel sans sommeil. Les êtres humains perdent de leur matérialité. Les mots s'évaporent, ils ont moins d'impact, moins de valeur. C'est comme vivre en demi-teinte. Pas réveillé. Pas endormi. Juste en vie. Survivre, car ce n'était pas vivre. Vivre c'était passionnant, c'était rempli de saveurs qu'elles soient positives ou désastreuses. Vivre à en crever, mourir d'avoir trop vécu. Je ne voulais plus me contenter de traîner des pieds dans une course où je stagnais à la dernière place. Mais personne ne sifflait, personne ne venait me sauver en clôturant la course. Non. Ils continuaient de courir, et moi de glisser contre le sol sans pouvoir réellement lever mes pieds. Ils continuaient de courir, de se dépasser. Me dépasser. Et j'étais fatigué, si fatigué.

« Potions ? POTIONS. Pourquoi potions ? Non, non, tu embellies les peaux, tu... Tu fais des potions ? Quelles potions ? Elles font fondre les horloges ?» Ses mots n'ont pas de sens, ses pensées n'en ont jamais eus et je perds de mon envie d'être raisonné en la compagnie de Cami. Cela servait-il à quelque chose de resté convenable ? Non, ça n'a jamais servi à rien et tu le sais. Parce qu'avec Cami je ne pouvait l'être, je ne l'avais jamais été. Elle était venue me voir un jour en m'ordonnant un sceau, une preuve de sa santé mentale. Un caducée. Et sa santé mentale n'était en rien l'une des plus saine au monde. Je le savais. Je l'ai toujours su. Mais je l'ai fait quand même, parce que j'ai senti que c'était important, qu'ainsi je pourrais l'apaiser. Et j'ai voulu l'apaiser dès le moment où elle est apparu dans le salon. Cami a poussé la porte et ses yeux fous t'ont accostés et toi, t'as pas eu le choix, t'es tombé, tu t'es écroulé, ton être entier à trébuché sur cette créature si banale et pourtant unique en son genre. Car Cami est unique, car elle te fait te sentir vivant. Car elle attise ta curiosité et tes pulsions les plus profondes. Ne me mens pas, je ressens tout, je vois tout. J'assiste aux batailles de ces choses plongées dans ton inconscient. Des propos et des pensées qui ne franchiront jamais la barrière du compréhensible car tu te le refuses, car c'est normal de se le refuser pour un humain lambda. Mais. Ryûk ? Oui ? Tu n'es plus humain depuis belle lurette. Alors arrête de vouloir agir comme eux. Tu te mens, tu leur mens.

Ce qui suit n'a de sens que pour elle et son esprit, ses pensées. Cami se cacha les yeux, prétextant être une gorgone ayant le pouvoir de figer les gens en statue dès lors que les regards se croisent. J'eu l'envie de libérer son regard de tout barrière, qu'importe si je me transformais en statue de sel. Si la dernière image que je devais avoir été son regard, alors cela valait la peine, alors oui, tant pis, mais je regarderais quand même. Elle se déroba à mes mains et je la sentis glisser vers la porte d'entrée du salon. Faudra pas que t'oublies de la refermer. Oui, je la refermerais, une fois qu'elle n'aura plus besoin d'être ouverte, une fois que l'horloge sera morte, une fois que ses aiguilles seront tordues et qu'elle ne torturera plus Cami. Là et seulement là je verrouillerais cette porte, pas avant. « Je l'ai seulement blessée : elle va revenir. Il me faut un gri-gris d'embellisseur de peau pour qu'elle ne revienne plus jamais m'embêter, maître des potions ! » sa voix parsemés de grains d'insanités traversent l'air à tout allure avant de cogner contre mes tympans et ma compréhension. Un gri-gris, un tatouage, une nouvelle amulette pour protéger son âme. C'était mon rôle, la protéger à coup d'encre, lui graver mes courbes sur le corps pour garder ses démons à distance raisonnable l'espace d'un temps. Car elle reviendrait, les sceaux de protection ne durent qu'un temps. Ils doivent être renforcés, changés, remplacés. Viendrait-il un jour où elle me remplacerait, moi aussi ? Elle soulève son T-shirt et sa peau dorée apparaît sous mes yeux, je déglutis et tenta d'étouffer l'accélération de mes poumons, le léger emballement de l'air entrant et sortant. Les traits noirs fermes et directs se dessinèrent à nouveau sous mes yeux. Le caducée. Il était magnifique.  « Il faut mettre un nouveau sceau de protection ici ! » déclara-t-elle avec un sourire qui malmena à nouveau ma respiration. Calmes-toi Ryûk. Je fermais les yeux l'espace de quelques instants avant de les rouvrir sans tarder lorsque je sentis le contact électrique de ses paumes sur mes joues. « Quel sombre mal a posé ses ténèbres sur ton visage ? T'as trop mauvaise mine. T'es plus blanc que des... latrines. C'est pour la rime, désolée. » Un rire vrai me traversa lorsqu'elle eu fini sa phrase. Comment parvenait-elle à dire de telles choses dans une situation telle que celle-ci ? La vérité était que je n'avais qu'une envie, dormir, m'échapper de la réalité, reposer mon corps fatigué. Qu'elle vienne, qu'elle reste, que je la protège cette nuit comme j'étais capable de le faire. Qu'elle puisse attendre demain pour le dessin, pour l'encre, pour l'aiguille. Mais elle n'attendrait pas, tout comme je ne pourrais trouver le sommeil tant qu'elle ne serait pas rassuré. Elle va te tuer un jour. Certainement, ça serait peut-être préférable qu'elle le fasse.

Ma main droite vint attraper d'un geste sec et rapide la main qui s'était attardé sur ma joue. Ma faute, je me suis emballé. Je desserrais l'emprise sur les doigts fins et blessés avant de les ramener doucement contre ma joue, mes yeux d'aigles fixant le visage finement éclairé de Cami. Ses phalanges entrèrent en contact avec mes joues et un souffle électrique traversa mon échine. « C'est l'horloge ou quelque chose de plus entêtant que ses tics tacs qui te prend la tête et ne la lâche plus ? » Un soupir m'échappa alors que je fermais les yeux, savourant quelques secondes encore son contact, sa proximité partielle. Cami était si proche et si loin à la fois que je ne savais où elle était réellement. Trop près ? Trop loin. « Les ténèbres ne peuvent plus m'atteindre, j'ai un protecteur. Mais ses protections ont un prix. Il me parle et parfois il fait des choses. Parfois il fait TIC TAC, parfois il coupe le fil...Qu'étais-je en train de dire ? Pourquoi ? Cela ne faisait aucun sens et j'en avais absolument rien à faire. Parce qu'à l'heure actuelle c'était tout ce que je ressentais, tout ce que j'avais besoin de lui dire. C'était la réponse à sa question et elle était aussi vraisemblable que possible. Mais c'est pas une horloge...il est comme une pieuvre. Une pieuvre toute noire qui ne se détache plus. Il me fait peur, parfois. Mais il ne me fait pas mal, pas trop. » racontais-je doucement d'une voix roque qui était la mienne les nuits de court sommeils et de confessions. C'était le timbre de mes nuits, mes efforts, mes peines et mes amants. J'aimais de cette voix tout autant que j'agonisais. De cette voix qui avoue en chuchotant des atrocités qui ne devraient jamais être dites. Mais là, à Cami, je parlais, j'avouais, je racontais. Dans ce langage que seul elle pourrait peut-être comprendre. Mon souffle cognait contre sa main que je finis par lâcher délicatement. La pénombre me donnait du culot. Et moi ? Je compte pour du beurre ? Je sentais Auguste, je le sentais éveillé, rempli d'une pulsion qui ne le quittait pas depuis des jours, depuis les incidents, depuis que Toronto perdait son sang-froid et sa normalité. Ma main gauche glissa dans le dos de la jeune femme face à moi, doucement, délicatement, du bout des doigts, pour ne pas la briser. Mes phalanges se posèrent sur le caducée alors que je baissais la tête pour pouvoir m'adresser correctement à Cami. « J'ai des gri-gris, des protecteurs, des amulettes. Autant qu'il faut, autant que tu le veux. Dis moi où et je dessine... » chuchotais-je doucement, comme à fleur de peau.


Where is your god ?
no matter how many time that I'll die I will never forgive ✻ “Break the skin 'cause I can't tell where your body ends and mine begins. Tear the flesh, I woke today feeling like some kind of masochist. I must confess. Pull, beg, and plead that I need your kiss like the ocean needs a breeze”
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Cami Hwang
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⊰ Nom de l'Avatar : Sora Choi.
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⊰ Origine du Personnage : Humaine.
⊰ Citation : On doit avoir un peu de chaos en soit pour être capable de donner naissance à une étoile dansante.

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MessageSujet: Re: REQUIEM ᴥ (R&C)   Sam 25 Juil - 15:05
REQUIEM



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« Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat. »


La main de Ryûk l'attrape brusquement, comme on capture un oiseau en plein vol. Cami se fige. Capture, cage, enfermement. Les doigts fermes, resserrés sur les siens, lui rappellent les quatre murs blancs, le sourire forcé des docteurs pour la rassurer, les années cloîtrées à égrener des nombres, des moutons pour trouver le sommeil, des moments heureux pour ne pas déchanter complètement. Pour ne pas être malheureuse, plutôt. Cami a déchanté dès son premier cri, à croire que sa mère l'a expulsée avec suffisamment de rage pour l'envoyer contre le mur. Quelle importance, maintenant ? La main de Ryûk ne l'emprisonne pas, la main de Ryûk la protège. Il a des gris-gris encrés sur les mains, des gris-gris qui dégagent une force singulière, une chaleur repoussant le froid de sa cellule matelassée. Cette impression la laisse songeuse ; elle est là, sans l'être vraiment, l'esprit vagabondant dans sa cervelle aliénée à la recherche de souvenirs aussi ressemblants. Charlie. Elle adorait Charlie, elle l'aurait suivi au bout du monde si ce n'était pas son subconscient qui l'avait créé. Et si Ryûk n'était qu'une hallucination de plus, une création issue de l'imaginaire pour ne plus se sentir seule ? Cami ne le laisserait pas disparaître comme ils ont assassiné Charlie.
Ryûk soupire. Cami a la désagréable impression que c'est une réponse à ses pensées, avant de comprendre que ce qui le ronge est insatiable, pernicieux, plus ancré en lui que les tatouages sur sa peau.
 « Tu entends des voix, toi aussi ? Oh, euh, pardon, vas-y.
Les ténèbres ne peuvent plus m'atteindre, j'ai un protecteur. Mais ses protections ont un prix. Il me parle et parfois il fait des choses.
Des choses, répète Cami avec un sourire salace.
Parfois il fait TIC TAC, parfois il coupe le fil... »
La voix de Ryûk est rauque, comme s'il avait déjà trop parlé. La jeune fille remue la tête, les yeux plissés, une moue pensive sur les lèvres, attendant tout de même la suite pour faire son analyse. Elle singe le Dr. Gilman ; croise les doigts et les porte à son menton, fait semblant de réfléchir à ce qui perturbe Ryûk – bien qu'elle n'en ait aucune idée, il est juste fou, cela ne fait aucun doute. Oui, fou, et Cami aime les fous autant qu'elle apprécie son reflet quand elle recouvre le miroir.
« Mais c'est pas une horloge... Il est comme une pieuvre. Une pieuvre toute noire qui ne se détache plus. Il me fait peur, parfois.
Oh non ! Pas la peur ! s'exclame Cami, rebondissant à ses paroles comme un public composé d'enfants de maternelle.
Mais il ne me fait pas mal, pas trop.
Il a intérêt, répond-elle avec hargne. Sinon, je te pèle le crâne pour l'extraire et je coupe son fil ! Ou plutôt, j'arrache ses tentacules ! ajoute-t-elle en brandissant ses ciseaux. »
Une détermination farouche illumine ses yeux ; puis ils s'assombrissent en rencontrant ceux de Ryûk, la douceur ondulant dans ses iris noirs, une douleur sourde et muette qu'il lui a à peine révélé. Il a choisi ses mots avec soin – ce qui l'habite est plus grave. Cami hausse légèrement les sourcils en signe de peine. Elle range ses ciseaux, elle se triture nerveusement les doigts, tandis que la main de Ryûk glisse dans son dos avec lenteur, se pose sur son caducée – leur caducée ; il est l'artiste, elle est la toile. Sa gorge se serre. L'asile l'a préservée de tout et de tous bien longtemps, c'est bien la première fois qu'on la touche ainsi.
« J'ai des gri-gris, des protecteurs, des amulettes. Autant qu'il faut, autant que tu le veux. Dis moi où et je dessine... »
Elle le gifle. Ce n'est pas un coup de poing, mais pas une caresse non plus. Cami ouvre la bouche de stupeur.
« J'ai paniqué, dit-elle avec un calme déconcertant. C'est à cause d'elle : vilaine main, vilaine main !  »
Ses exclamations sont ponctuées par de petites tapes sur le dos de sa main ; mais Cami se fige, enlace violemment Ryûk en serrant son corps de toute ses maigres forces. Sa petite tête se love contre la poitrine du jeune homme, se secoue avec rapidité contre elle en signe de négation.
« J'aimerais bien un gri-gri d'encre, maître des potions, mais mes poches sont aussi vides que ma tête... (Elle relève le front, le scrute quelques instants d'un air navré avant de reprendre : ) Et les aiguilles me rappellent l'horloge. Tu n'as qu'à être mon gri-gri même si toi, tu es tout blanc ! »
Un grand sourire éclaire son visage et creuse des fossettes sur ses joues rougies par la joie.
« Allez, allez, Ryuryuk, cède à la Cami-mania, et si tu le veux, allons danser la gigue plus haut. »



╓ PREY ╖
In an angels eye, where the shadows meet, in the pale moonlight, in a scarlet dream, did you know too much how it's so unreal to your final breath ?
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Ryûk Kang
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MessageSujet: Re: REQUIEM ᴥ (R&C)   Dim 26 Juil - 19:41


CAMI & RYÛK
aux alentours de vingt-trois heure trente

On t'a déjà frappé par le passé, ce n'était pas ça le problème. Ton visage a déjà été fissuré de part et d'autres. Onze ans. Treize ans. Seize ans. Vingt ans. Les bagarres, les idiots, les fouteurs de troubles, tes victimes. Mes victimes. La violence fait partie de ton quotidien depuis belle lurette, ce n'était pas quelque chose de nouveau. Et cela n'allait pas s'arrêter de si-tôt avec moi au sein de ton esprit, de ta tête, de tout ton être. Parce que la violence me défini, parce que je ne suis que bestialité et horreur. Je suis le rire lors d'une messe aux morts, je suis l'ongle glissant contre une ardoise de quinze mètres, je suis le couteau dans le dos et le monstre sous le lit des enfants. C'est ce que je suis, c'est Auguste, c'est être un démon. Mais tes émotions, ton cœur, tes valeurs, elles calment le jeu. Ton humanité me calme Ryûk, elle apaise le besoin de chair, de sang, de mort. Tu ne me feras jamais taire, je tuerais toujours, mais moins souvent. Parce que maintenant, je ne suis plus seul. Il y a toi, toi et tes peurs, toi et tes incertitudes, toi et ta force. Tu te souviens ta violence ? L'as-tu un jour affronté ? Non, car tu es celui qui tiens la hache, pas celui qui s'effondre sous ton gourou. Tu es le bûcheron de Toronto, pas la cime d'un arbre enraciné depuis des millénaires. Tu déracines, tu coupes, tu détruits. Et je t'aide, je t'y pousse. Parce que là est ton destin, là est ton avenir. Les humains naissent et meurent. Toi, tu survivras à ça, parce que je suis là. Parce que je serais toujours là. Tu ne peux pas me faire partir, tu ne me contraindra jamais au silence. Je suis pour toujours dans ta tête, dans tes sens, dans tes doigts et tes yeux. Alors oui, la violence, tu connais. Mais pas l'innexplicable giffle, pas la colère spontannée et insensée. Pas elle. Le bruit de la gifle résonnait dans le salon alors que mes yeux ne clignèrent pas une seconde, mon regard fixé dans celui sombre de Cami. S'était-elle senti agressé par mon geste ? N'avait-elle pas apprécié ? Possible. Probable. Certainement. Ou bien elle est juste folle. Elle était folle. J'étais fou. Je n'avais pas pu prévoir son geste et je me faisais une promesse qu'elle ne puisse jamais prédire les miens. A charge de revanche. En l'honneur de cette faille infime, cette craquelure le long de mon ego et ma fierté masculine.

« J'ai paniqué. C'est à cause d'elle : vilaine main, vilaine main !  »  son ton était calme, s'en fi presque effrayant. J'aurais été effrayé si je ne comprenais pas, si je ne savais pas, si je ne me ressentais pas tout aussi perdu qu'elle. Paumé dans un monde aux facettes trop diversifiés pour que tout le monde puisse les voir. Mais nous, si. On était là et on voyait, on reconnaissait, on détectait. Mais il n'y avait personne, personne avec qui en parler. Est-ce que je lui en voulais pour la giffle ? Oui. A n'en pas douter. Est-ce que j'allais lui en tenir rigueur longtemps ?Non. Parce qu'elle était aussi imprévisible que moi, parce qu'elle était aussi saine d'esprit que je pouvais l'être avec un démon dans ma tête. Vous êtes les deux uniques passagers d'un paquebot rempli de voix et de zones d'ombres. Un navire où il n'y a ni équipage, ni capitaine. Un bateau qui finira forcément par percuter une rive, un animal marin ou un iceberg. Et vous allez couler, profond, jusqu'à ce que l'on ne puisse plus vous retrouver. Et je m'en accommodais, j'acceptais cette fatalité.  J'étais resté immobile face à la silhouette fine et malade de Cami. Je n'avais rien dit, rien fait, je ne m'étais permis aucune remarque. Car oui, peut-être aurais-je dû demander avant de glisser mes mains sous le tissue fin de son pyjama. Idiot, si tu pouvais il n'y aurais clairement plus de pyjama du tout. Je ne pouvais le nier, mais je savais pertinemment aussi que ce tourment en moi n'était pas uniquement le mien. Oui, bon...d'accord. Je plaide coupable. Car elle semblait si vulnérable, là, éclairé par une ampoule singulière. Et pourtant, si séduisante, si attirante que j'en oubliais toutes et tous les autres. Qui avait-il eu avant que cette tarée n'entre dans mon salon ? Des déceptions. Oui, principalement. Mais elle était là, face à moi et je ne pouvais prétendre vouloir quiconque qui ne soit pas elle. La faute à qui ? Je ne savais pas, je m'en fichais. La faute à quoi ? Surement à la folie ambiante qui plongeait Toronto dans le chaos total et absolu.

Je retins un sursaut lorsque soudainement les bras de Cami vinrent s'enrouler autour de mon torse, lorsque sa tête vint se réfugier contre moi. Je relevais les bras par pur réflexe, pour ne pas la toucher directement, pour ne pas la brusquer. Parce que je n'avais plus l'habitude du contact humain. Comble pour un tatoueur, tu ne trouves pas ? Tu poses tes mains sur la peau d'une dizaine de personne par semaine. Tu les grave à vie et pourtant tu reste un putain d'handicapé sentimental. D'ailleurs, est-ce que t'es sûre de ce que tu ressens ? De ce que tu veux ? Tout ça là...est-ce que c'est pas juste de la folie pur et dure ? Peut-être que ça l'était. Mais je ne baissais pas mes bras pour autant, je tâchais de ne pas la regarder. Comme pour me protéger d'être soudainement trop proche. Je l'avais sentie trop éloignée et soudainement la voilà, son corps enlaçant le mien pour une raison que j'ignorais.  se secoue avec rapidité contre elle en signe de négation.  « J'aimerais bien un gri-gri d'encre, maître des potions, mais mes poches sont aussi vides que ma tête...Et les aiguilles me rappellent l'horloge. Tu n'as qu'à être mon gri-gri même si toi, tu es tout blanc ! » un sourire en coin vint s'écrire le long de ma mâchoire alors que je regardais toujours fixement devant moi. Je ne devais pas la regarder. Je ne pouvais pas. Où nous étions foutus elle et moi. Parce que si je croise ses prunelles d'ébène, crois moi que tu ne seras plus capable de me retenir. Je ne voulais pas la blesser, je ne voulais pas risquer de la choquer par ce que renfermait Auguste. Ce que je renfermais moi-même. Être son gri-gri ? Qu'entendait-elle par là ? Son protecteur ? Le gardien de sa santé mentale ? J'en étais incapable. Comment pourrais-je ne serait-ce que promettre de veiller sur elle lorsque je n'étais pas foutu de me protéger moi-même...« Allez, allez, Ryuryuk, cède à la Cami-mania, et si tu le veux, allons danser la gigue plus haut. » Un surnom ? Déjà ? T'as déjà cédé mon pote. Allez, baisses les yeux. Regardes-là. Prends conscience qu'elle est bel et bien là. Tout contre toi. Je déglutis discrètement avant de baisser mon menton, croisant enfin le regard teinté d'hallucinations que j'avais tant tenté d'éviter depuis quelques minutes. Depuis que son corps s'était rapproché, trop pour son propre bien.

Tu n'as jamais été tendre non plus Ryûk. Les enfants, les ados, les démons qui te frappaient, te blessaient. Tu les écrasais en retour. On te frappe, tu rends. On t'insultes, tu rends. On t'ennuie, tu rends. On t’atteins, tu t'effondres. Parce que tu as beau avoir préparé ton corps, ton âme n'en est pas moins fragile et facilement cassable. C'est pour ça que je suis là, c'est pour ça que ce soir tu ne seras pas capable de me contrôler. Moi et les pulsions qui m'accompagnent. Moi et les morsures. Moi et l'envie. Moi et la passion qui m'entoure, moi et mes vices. Ce soir Ryûk, t'es foutu. Et Cami aussi.
Mes mains qui jusque là avaient demeurées levées pour éviter tout contact se rabaissèrent sans douceur, comme des cerfs mes phalanges attrapèrent ses hanches. Cami-manie. M'y perdrais-je ? Mes jambes se mirent en marche et je la poussais, rapidement, fermement. Son dos claqua bientôt contre le mur alors que mon torse percuta son corps. Mes pupilles cherchèrent très vite leurs acolytes. Au creux de mes yeux, il y avait moi. Et puis il y avait Auguste. « Qu'est-ce que tu veux de moi ? » ma voix s'éleva comme un murmure rauque, glissant mais avide, rugueux, demandant. La question était posée.



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